Le groupe devant la fière Cunégone...
21 heures (dont 3 à dormir dans la voiture sur une aire de repos) plus tard... New Orleans, température de 10-15 degrés (mmmh :D), ciel couvert, débarquage à l'auberge de jeunesse, début de l'exploration.
Vendredi :
On part sac au dos à 14h de l'auberge, située à 20mn à pied du centre-ville dans le quartier de uptown, pour pique-niquer près du Mississippi. On mange nos 3 concombres, notre topéroir de riz, et nos bananes, et c'est parti ! Séance de photos rigolotes au bord du Mississippi sur fond de vieux bateau à aube, visite du musée du jazz de New Orleans, glandouillage sur le marché couvert touristique. Nous admirons les décorations super kitsch pour mardi gras dans tous les magasins, les poupées vaudou en paille, les étalages entiers de tabasco, les chaussures en (vrai) croco et les crocodiles séchés (beurk). La ville était aussi en ébullition à cause des Saints, l'équipe de football américain de New Orleans, qui jouait ce week-end pour se qualifier au Superbowl. Donc tous les américains arboraient les chemises jaunes et grises de leur joueur préféré, et les drapeaux étaient disséminés partout dans la ville. On s'ébahit en bons Français/Suisse devant les pavéééééés (de vraies pierres, si si), les rues tortueuses, les maisons pas droites, les enseignes rigolotes des magasins, les gens qui flânent dans les rues, la chaleur, l'ambiance détendue et vivante, le jazz live qui sort de tous les bars ! Pour peu, on se serait cru en Europe !! (avec du jazz en plus)
Et là il commence à pleuvoir... alors ni une ni deux nous nous engouffrons dans le premier bar avec orchestre de jazz de la rue Bourbon. Nos deux conducteurs sont un peu crevés après la nuit de voiture, donc le but était de se poser dans un lieu sympa, de boire une bière jazzy, puis de rentrer manger des pâtes et se coucher tôt à l'auberge. Nous n'avons pas été déçu ! La musique était excellente, rien à voir avec le blues de Chicago, le jazz de la Nouvelle-Orléans est un mélange beaucoup plus joyeux et dansant, entre le ragtime et les brass bands ! Cela met de bonne humeur, et après une piña colada et 7 parties de SET (je les ai convertis!), nous repartons le long de la rue Bourbon dégoulinante de pluie... Bah oui, c'est tropical, la Nouvelle-Orléans !
Mais même sous la pluie, la rue Bourbon est pleine de gens, de musique, de prostituées, de bières, de colliers de mardi-gras, de diseuses de bonne aventure, etc ! Nous ne nous attardons pas car la route jusqu'à l'auberge est longue....et nous arrivons trempés jusqu'aux os, une paire de ballerines inutilisables pour Julia, et une faim incroyable! (New Orleans est une ville tropicale, mais la pluie ne l'est pas!).
L'auberge est bien placée, très peu chère (une chambre dortoir à nous 5 pour 50 dollars chacun pour 3 nuits), mais pas très pratique et peu conviviale ! Les autres visiteurs étaient en permanence massés devant la télé sur le canapé (une énigme pour nous : être de visite à la Nouvelle-Orléans et se vautrer pendant 3 jours...), la cuisine commune était très limitée, et les douches un peu froides les premiers jours (après nous avons découvert l'unique douche qui fonctionnait de l'auberge !). Par contre nous avons bien profité des petits-déjeuners : de la pâte à pancake et une plaque à pancake... Nous avons transformé la cuisine en usine à pancake en utilisant aussi les poêles, et en ajoutant des rondelles de banane aux pancakes traditionnels... On l'occupait bien 45 mn tous les matins !
Les gérants de l'auberge étaient aussi très "Bourbon street" : le gars de l'accueil commençait ses bières à 8h du matin, nous conseillait tous les meilleurs tripots de la ville, et déséspérait de ne jamais nous voir revenir bourrés à l'auberge.
Bref, après un approvisionnement en bananes, concombres et pâtes au supermarché, un repas rapide, tout le monde sombre rapidement dans un sommeil très très profond.
Samedi :
Visite d'uptown, le quartier chic avec les maisons immenses qui "ont de la gueule". Alors là nous avons mitraillé pendant 2 heures ! Il y avait de tout : des taudis et des maisons ravagées par Katrina, qui tenaient à peine debout, et des villas énormes entourées de palmiers et d'arbres magnifiques. New Orleans est une ville de contraste sur tous les plans, et c'est très agréable de voir une ville qui ne compartimente pas ses différences... Nous avons photographié la peluche Astérix de Jérôme devant une énorme bâtisse coloniale pour qu'il puisse relever son défi de faire voyager Astérix (comme le nain de jardin dans Amélie Poulain), puis nous avons longé la voie du tramway jusqu'au quartier des affaires (moche) et des musées (mieux, mais il n'y a vraiment que des musées sur 200m). Après un sandwich subway rapidement mangé sur la place centrale, entre le mississippi et l'église principale du centre, nous entrons rapidement dans l'église, où toutes les inscriptions sont encore en français. Après, direction le musée du jazz, pour un concert gratuit à 14h30 !
....... C'était le meilleur jazz que j'ai écouté de ma vie !!!! Le groupe était fantastique : des vieux bonhommes, des plus djeun's, des blancs, des noirs, des types qui avaient une tête de prof d'histoire ou de businessmen (à mon avis c'est leur profession la semaine, et le week-end ils se défoulent avec le jazz). Ils ont joué pas mal de trucs connus, et c'était tellement gai, entraînant, dansant !! Ils ont tous chanté sauf le contrebassiste (ils avaient bien évidemment tous des supers voix bien jazzy). Vidéos sur youtube à venir !
Bref, on est ressortis avec un grand sourire sur les lèvres, du bon jazz plein les oreilles, et vraiment épatés par la ville, et cette ambiance !
On comptait ensuite prendre le ferry pour traverser le Mississippi et se promener sur l'autre rive, mais une brume très dense s'était levée pendant le concert, et avec la visibilité minimum ambiante, on a changé de plan. Plan de rechange : il pleuvait à verse, donc après une autre promenade dans le centre-ville, on se rabat sur l'intérieur d'un musée. Nous voulions aller voir celui sur la deuxième guerre mondiale, qui paraît-il est une expérience inoubliable (comprenez, il n'y a rien à VOIR, mais par contre il recrée l'environnement de la guerre avec des films en 3D, des simulations, etc, donc on en sort traumatisé). Manque de chance, notre plan de rechange tombe aussi à l'eau ! Il est 17h20 et le musée ferme ses portes à 17h30...
Bon, retour à la case départ (auberge) avec 2e plan de rechange: une douche pour se réchauffer (pluie toujours pas tropicale) puis un restaurant local pour tester la cuisine cajun (prononcer à l'espagnole "cajjjjoune", prononciation adoptée à l'unanimité après la lecture avec accent du mot par Julia). Mais la flemme post-douche aidant, nous abandonnons ce projet très ambitieux (il pleut toujours des trombes d'eau dehors) pour un visionnage sur lits superposés de Vicky Cristina Barcelona et quelques parties de jungle speed et bataille corse (sur le jeu de cartes de voyage, minuscule, pas facile !!!).
Dimanche :
Petit-déjeuner pantagruélique de pancakes dans la cuisine de l'auberge à 7h45, départ au pas de course pour attraper le ferry de 8h30. Sprint de la voiture jusqu'à l'embarcadère d'un groupe de Franco-Suisses complètement tarés, avec une envie désespérée de se promener sur les rives du Mississippi (tellement large que cela fait presque comme être près de la mer, avec des embruns). Nous arrivons à temps ! Ouf ! à une minute près, c'était loupé, et il y a un ferry toutes les demi-heures. La balade valait le coup, on se gorge de vent marin, et au retour, on assiste à une manoeuvre magnifique : un énorme paquebot russe nous coupe la route et passe à 5m de nous dans le ferry !
Suite du programme : la messe en gospel dans une église locale. Hélas, malgré les informations prises au musée du jazz, nous avons erré dans la ville pendant 2h. La première église était désaffectée, la communauté s'était déplacée à l'autre bout de la ville, nous n'avons pas compris les instructions de la dame au fort accent de Lousiane qui nous indiquait la route. Paumés, Julia a demandé le chemin du nouvel emplacement de l'église à un groupe de témoins de Jéhovah... qui ont décidé de nous faire une blague et de nous envoyer au centre de la communauté juive, à l'opposé de là où nous voulions aller. Au final, nous avons laissé tomber, il était trop tard pour rejoindre l'église, et nous avons préféré passer à la prochaine étape.... sortir de la Nouvelle-Orléans pour aller découvrir les environs, les bayous, et les plantations.
Laura's Plantation :
Un tour intéressant d'une plantation typique, avec un guide très jeune qui connaissait bien son texte et donnait des anecdotes rigolotes. La maison a été refaite après un incendie (on ne sait pas à quel point), et seulement le sous-sol et la cuisine nous ont semblé authentiques (avec l'odeur de vieux, les planchers inégaux, etc). Cependant, voir les baraquements où vivaient les esclaves était très intéressant, et suivre l'histoire de cette vieille famille et de la plantation donnait à réfléchir. Surtout quand on se rend compte que les baraquements précaires étaient utilisés jusque dans les années 1970....
On saute de nouveau dans la voiture pour s'arrêter à la "Oak Alley Plantation" : nous n'entrons pas car le prix des visites guidées est exhorbitant, mais rien que la vue de l'extérieur vaut le coup ! C'est là qu'a été tourné Entretien avec un vampire.
Et nous voilà repartis à travers les bayous et la campagne. Nous pensions nous arrêter à un village cajun, mais les villages que nous traversons sont composés d'une église et de caravanes le long de la route.... Nous partons en direction du golfe du Mexique, pour admirer le coucher du soleil sur l'embouchure du Mississippi. Mais nous avions oublié que les distances aux Etats-Unis sont énormes ! Résultat : nous arrivons à la nuit tombée à la pointe... et là, surprise !! Un pont gigantesque s'étend jusqu'à l'horizon, la route continue au-dessus de l'eau sur des kilomètres et des kilomètres, juste pour relier la terre à une espèce de gigantesque plateforme industrielle (ambiance : mystique, lumières brumeuses, vent marin, entrepôts à perte de vue). Nous qui nous attendions à un endroit un minimum romantique ! Nous avons appris a posteriori que c'était une plateforme vitale pour les Etats-Unis, car c'est par cette route et ce pont mystique que transite tout le pétrole qui arrive par bateau. Une expérience inoubliable en tout cas, des étoiles magnifiques (Jérôme et Julia, passionnés d'étoiles et de constellations) grâce au manque de lumière, et une impression d'être au bout du monde !
Fin de la soirée : de retour à la Nouvelle-Orléans, nous nous mettons en quête du restaurant parfait : typique, pas cher, et encore ouvert à 20h30 !!! (ceux qui ont séjourné aux US comprendront le dernier problème). Et bingo! Le restaurant à 3 rues de Bourbon Street était le choix parfait, et mes amis ont goûté chacun un plat typique alors que je me régalais de mon premier burger américain. Après 3 jours à manger des concombres, des bananes, et des pâtes, c'était le paradis de manger un énorme plat avec de la viande !! (faut dire, on voyageait avec un végétarien et une fille de peu d'appétit ! donc nous avions quasiment 3 estomacs qui gargouillaient en permanence dans la voiture !). Après avoir bien mangé, nous avons testé la boisson locale, la grenade verte fluo, qui se boit dans un truc en plastique vert-fluo avec des pailles, dans la rue. En fait c'est absolument infect...la recette est secrète, mais les ingrédients sont faciles à deviner : une sorte de Red Bull et du rhum! On s'est fait lancer des colliers en plastiques multicolors du haut des balcons d'une maison close, on est entrés dans une boutique de babioles vaudoues plus repoussantes les unes que les autres, et on a failli se faire écraser par un officier de la police montée, qui faisait des acrobaties sur son cheval !
Lundi :
Décollage de l'auberge à 9h du matin, après un petit-déjeuner de, devinez.... pancakes à la banane, bien sûr ! Le voyage s'est très bien passé, nous n'avons pas plus eu de neige au retour qu'à l'aller. On s'est arrêtés pour manger, au pif, dans le Mississippi, sur une aire géniaaaaaale. Ce n'était pas une aire, mais une sortie d'autoroute qui donnait sur une sorte de réserve naturelle au bord d'un lac paisible, avec une lumière extraordinaire, avec pour toute compagnie une barque de pêcheurs ! Bon on a un peu déprimé en se rapprochant de Chicago ! On a mis 17h pour faire New Orleans-Chicago, et on est arrivés à l'I-House à 2h du matin.
Conclusion :
Week-end excellent sur tous les points ! La ville de la Nouvelle-Orléans est géniale, vivante, avec un jazz et une ambiance incroyable, un joli centre-ville et des maisons impressionantes de beauté ou de délabrement... Les environs bayouteux étaient dépaysants, les plantations intéressantes. Et mes compagnons de voyage étaient géniaux ! J'ai découvert Julia, bretonne hyperdynamique, supermotivée, ouverte à toutes les expériences, photomitrailleuse, passionnée de chinois/russe/espagnol. Et bien sûr, les gars, toujours aussi épatants et partants pour tout et n'importe quoi ensemble ! Un groupe d'amis du tonnerre, sur qui je peux compter pour repartir en week-end à l'improviste à l'autre bout des Etats-Unis !
