jeudi 24 décembre 2009

Premières impressions de Cali (en vrac)

Merci Marine, pour ces vacances extraordinaires !


Note préliminaire : Pas beaucoup de photos pour cet article, car il est beaucoup trop dangereux de prendre des photos à Cali (on risque de se faire voler tout ce qu'on a, et l'appareil avec). Cependant, cette restriction importante n'est valable que pour Cali, donc il y aura quand même des photos de Colombie.

- Il fait CHAUD ! entre 25 degrés (la nuit) et 35 degrés tous les jours ! Il ne pleut presque jamais et la pollution rend la chaleur difficile à supporter en journée. Mais qu'est-ce que c'est agréaaaaable après Chicago !

- Il y a des vendeurs de Chantaduros (des petits fruits à la chair rouge qui ont un peu le goût de citrouille, qui se mangent avec du sel et du miel) à tous les coins de rue. Une expérience étrange mais ce n'est pas mauvais!


Les chantaduros...


- On peut acheter à tout moment des "Minutos" , des minutes d'appel téléphonique. Le vendeur de minutos dans la rue, reconnaissable à son gilet vert fluo, nous prête un téléphone portable pour quelques centaines de pesos. Il a les 3 grandes compagnies de portable du pays, ce qui permet d'appeler ses amis pour moins cher ! (et c'est très pratique quand on n'a pas de portable)


Ce vendeur de minutos n'a pas mis son gilet vert fluo juste pour m'embêter !



- Il y a des gens qui dorment à même le trottoir à 14h sous le soleil tapant et dans la cacophonie assourdissante de la rue...


- Depuis le bus, on peut assister en direct à des scènes de violence entre ivrognes qui se poursuivent avec des bouteilles brisées... Il y en a 2 qui courent, et environ 5 autres qui regardent passivement. C'est là qu'on se dit qu'il ne vaut mieux pas descendre dans ce quartier !

- Je découvre des tonnes de fruits inconnus et très bons : les carambolos qu'on mange en petite étoile et qui sont très frais et juteux, le lulo, la granadilla (le fruit le plus bizarre au monde à l'intérieur !), la guanaba, les bananes qui ne peuvent pas se manger crues (platanos y maduros), la pitaya, ... Et le mieux, c'est qu'on les trouve à Carrefour (Chévere) !


- Les Colombiens sont des gens merveilleux ! J'ai rencontré quasiment tous les amis de Marine, et franchement, ils sont tous adorables et super sympas, toujours prêts à aider. Mario a par exemple passé 2 jours à m'aider à récupérer ma valise, qui est arrivée 2 jours après moi à l'aéroport. C'est à dire qu'en gros il a passé une soirée au téléphone avec l'aéroport de Cali à négocier, puis nous a carrément accompagné dans le voyage de 3h jusqu'à l'aéroport le lendemain ! Et en Colombie, les amis de vos amis sont vraiment vos amis tout de suite, c'est quasiment instantané, et ils vont vous inviter à passer Noël chez eux dans leur famille, ou à une fête, etc (et ils s'y tiennent, ce ne sont pas que des paroles en l'air).


En Colombie, les gars sont aussi super protecteurs (justifié par la dangerosité de Cali, utile, mais parfois un peu extrême et pesant) : donc si jamais ils nous arrivent de marcher en groupe dans Cali, les mecs vont se mettre en cercle autour de nous et ne pas ouvrir la bouche pendant tout le trajet, parce qu'ils seront occupés à scanner les environs en permanence. Dans ces conditions, ne comptez pas sur les mecs pour lancer une conversation, mieux vaut être plusieurs filles !


Les Caleños savent tous danser la salsa (et le merengue). A des degrés divers, certes. Mais par rapport à Paris, ou à Chicago, ici c'est un prérequis obligatoire ! Quand on sort le soir, le plus probable est qu'on finisse tôt ou tard par aller danser (rumbear ou 'rumbiar'). Les discothèques ne passent que de la salsa, ou, si elles sont "crossover", éventuellement du merengue, bachata et reggaeton ! Il faut donc s'adapter et tout le monde à Cali sait danser (ce qui n'est pas vrai du reste de la Colombie). Cali, capitale de la salsa !


- Impossible de cuisiner tranquille dans ces pays chauds ! On se fait envahir par les fourmis dès qu'on sort de la nourriture, et en plus certaines sont invisibles ! L'horreuuuuuur ! Et c'est pas faute de nettoyer !

- L'indispensable accessoire en Colombie : le bracelet 'brésilien' au poignet ("la manilla), pour les filles et les gars, et plus on en a, mieux c'est ! Et aussi la 'mochila', sac typique, tissé, avec une bandoulière et des motifs indiens.


- Le manjar blanco : c'est le nom d'un dessert colombien. Tout simple, c'est du riz, du sucre et du lait (dulce de leche), ca a une couleur marron caramel, et c'est comme manger du sucre pur miam !

- L'ejécutivo à 5000 pesos (à Cali, parce qu'en "province", il est à 3000) : c'est le déjeuner 'de base'. Le moins cher et celui qui cale le plus ! Il est composé en général d'une soupe, de riz, de viande, d'une salade et on le trouve absolument partout ! C'est le déjeuner simple du travailleur et de ceux qui n'ont pas beaucoup de moyens, mais cela reste extrêmement bon, et on n'a pas faim pendant les 6-7 prochaines heures !

- Le pouvoir d'achat. 3000 pesos = 1 euro, et ça change vraiment des Etats-Unis ! J'en ai beaucoup profité, et pour voyager, les prix pas chers (bus, hôtel) sont aussi un délice et une incitation à sortir de Cali !

- Le pays des boucles d'oreilles, plus que des papillons ! Elles coûtent entre 2500 et 15 000 pesos pour les plus élaborées (donc de moins d'un euro à 5 euros), et sont toutes plus magnifiques les unes que les autres ! Je suis donc repartie avec un trésor de 10 paires de boucles d'oreille colombiennes !


Dans le même genre, tout ce qui est artisanat est vraiment magnifique : sandales en cuir, boucles d'oreille, bracelets, colliers, ceintures en perle ou tressées, chapeaux, mochilas, ponchos, etc...

- La musique est omniprésente ! Supermarchés, bus, et même les rues, sont inondés de salsa, de vallenatos (chansons avec un accordéon souvent larmoyantes), bachatas, merengue, de rancheras, de reggaeton... Mais le plus fréquent, c'est la salsa, qui règne sur Cali. Les gens de tout âge connaissent les paroles de TOUTES les chansons par coeur, des vieilles salsas des années 50 aux plus récentes ! Les petits magasins dans les rues font concurrence de musique et même dans notre immeuble, le même merengue résonnait quasiment tous les matins vers 11h (juste après le passage d'un ou de plusieurs vendeurs de champus, criant à tue-tête : "CHAMPUUUUS" suivi d'un bruit de klaxon modèle italien dans un film de Lino Ventura).


- Le champus est une boisson qui se boit et se mange. C'est fait avec des fruits (lulo, ananas), des feuilles d'oranger, de la cannelle, des clous de girofle, et des grains de maïs. C'est très bon et très très consistant !





- Les douches sont froides.... car il n'y a pas d'eau chaude à Cali. Heureusement qu'il fait chaud dehors ! Mais le matin, cela reste un peu dur de se mettre sous la douche....



- Dans le même genre, on ne jette jamais le papier toilette dans la cuvette des WC en Colombie, au risque de boucher les toilettes. Il y a donc toujours une petite poubelle à côté... mais c'est dur d'avoir le réflexe !


- Les vendeurs de rue. Certains sont stationnaires, en général les vendeurs de fruit, de champus, de jus de fruit, ou ceux avec un grand étalage. D'autres arpentent les rues, passent au milieu des voitures, se hissent dans un bus en marche pour proposer cacahouètes, fruits secs, sandwichs aux voyageurs, et te mettent carrément leur produit dans les mains pour que tu "évalues" la marchandise ! Ce sont souvent des gamins, mais il y a aussi des ptits vieux qui restent sous leur bananier ou leur parasol toute la journée pour vendre 3 paquets de barbe à papa. Sans compter ceux qui baladent leur stand à vélo : le vélo avec cuves incorporées où des liquides de différentes couleurs pétantes tournent en même temps que les pédales ! Les vendeurs de bouteille d'eau sont aussi très présents, ce qui est très utile quand on se balade dans les rues surchauffées de Cali (j'ai renoncé à remplir une bouteille d'eau et à la prendre avec moi, car l'eau passe rapidement à la température ambiante).


Une famille de vendeurs de fruits dans les rues de Popayan.

Une charette de cochonneries tirée à vélo... toujours à Popayan, près de la place centrale.


- Le danger. A Cali, le danger peut potentiellement être partout. L'avantage, c'est qu'après être passé par Cali, on a fait ses preuves en matière de prudence touristique ! J'ai personnellement beaucoup appris, et je rigole gaiement à la figure des gens qui s'entêtent à me répéter que Chicago est une ville méga top super dangereuse. Bien sûr que c'est dangereux ! Mais rien de comparable à Cali !



Le problème de Cali est que, seul, on ne peut pas faire grand chose, à part aller dans un centre commercial (ils sont hautement protégés, c'est donc l'endroit où on est le plus en sécurité dans la ville, avec son appartement, et encore). Il faut donc toujours dégotter des gens pour aller visiter des trucs, pour aller voir une expo, pour aller danser, etc. Mais à 2 ça passe, ce qui était parfait, puisque Marine et moi avons pu faire beaucoup beaucoup de choses ensemble. Prendre le bus, aller au centre (sorte de souk infernal où on peut trouver tout et n'importe quoi à des prix à casser la baraque, mais où il faut redoubler de prudence car il y a une foule énorme en permanence), aller au supermarché à pied (ça n'a l'air de rien comme ça, mais quand on vous remarque facilement parce que vous êtres blanches aux yeux clairs et que vous mesurez 15cm de plus que la moyenne féminine, donc tout le monde vous fixe toute la journée, c'est important), voyager,...


Mais par exemple, aller en haut de la colline "de las tres cruces" qui surplombe Cali, cela ne se fait pas sans accompagnateurs masculins (et de préférence plusieurs), même en plein jour. Prendre le Mio (le bus avec air climatisé, le moyen de transport le plus moderne de Cali) après 22h devient risqué. En gros dès qu'il se fait tard, il faut prendre un taxi (ouf, ils ne sont pas chers !) et bien vérifier les numéros sur le côté de la voiture (les 4444444 sont fiables) pour s'assurer que c'est un vrai taxi. Le mieux reste bien sûr d'appeler la compagnie directement, mais cela ne se fait que depuis un appart.


J'ai appris à regarder droit devant moi dans la rue sans croiser les regards, à me sortir de toute situation où on se fait aborder, même si c'est un gamin de 7 ans qui nous demande d'où nous sommes, à faire attention aux rues et à l'ambiance (tiens, dans celle-là il n'y a pas grand monde...on fait demi-tour?), enfin bref, à exploiter à fond sa paranoïa !


Avec Marine, on se baladait avec le minimum requis : j'ai donc enlevé ma montre (cadeau, j'y tiens beaucoup), mon bracelet en argent, et abandonné mon portefeuille dans l'appart. J'ai pris l'habitude de transporter juste la bonne somme d'argent nécessaire dans mon soutien-gorge, avec cependant quelques billets dans mes poches pour avoir quelque-chose à donner en cas de vol. Et je ne parle même pas de l'appareil photo... qui est souvent resté dans l'appart aussi (frustration immense) à Cali. Heureusement il y a les boucles d'oreille et les bracelets colombiens, qui sont super jolis et ne coûtent rien (donc aucun scrupule à les porter) et heureusement aussi, l'attitude des gens, leur chaleur et leur ouverture d'esprit (pour le cliché, imaginez des Américains, mais sans la superficialité) compensent le danger de la ville ! Et tout se vit plus fort et plus intensément à cause de cette atmosphère un peu pesante !




- La nourriture colombienne est délicieuse !!!! Bien que très huileuse (influence espagnole?), il y a une grande variété de plats typiques très très bons. J'ai pu goûter pas mal de choses dans le restaurant de la famille de Mario, et ce que je préfère, cela reste les empanadas avec la sauce aji ! Mais j'ai goûté du Bofe (c'est du poumon aux épices coupés en petits bouts : la consistance caoutchouteuse m'a dégoûtée mais sinon cela avait bon goût), des tostadas de patacones (à base de maduros), des aborrajados (c'est légèrement sucré), et des marranitas (sorte de boule de viance de porc avec des ptits bouts craquants à l'intérieur).


Marine s'applique en cuisine... nous avons réussi à faire des empanadas maison selon la recette de Juan, le coloc colombien de Marine.



Les empanadas quand elles ne sont pas encore frites...

El 'guiso' et moi (c'est ce qui va à l'intérieur de la pâte).

Camille, Marine et Juan

Juan et moi profitant des dernières empanadas...




- Le dialecte local. Quelques exemples :


1) Comment on vous harangue dans la rue : Hola Mami(ta), bien pueda !


2) Entre amis : Parce (ou Parche? Marine corrige moi !), Marica


3) Monter un groupe (pour sortir) : Armar un parche (très important)


4) Insulter : Malparrido + nom


5) Se moquer de quelqu'un : recochar

6) Les différents niveaux de proximité à une personne (à peu près): le voséo pour les amis, le tuteo pour les gens proches ou de même âge, le usted quand on est fâché avec quelqu'un ou qu'on traite une personne avec déférence.


7) Le mot qui tue : Ahorita. Une indication de temps qui n'indique rien : si on vous dit que le bus "sale ahorita", méfiez-vous, et de préférence, changez de bus. Le bus peut très bien partir dans 1h30 !


jeudi 3 décembre 2009

Des Indiana Jones aux Indiana Dunes

Samedi, 8h du matin. Un groupe de 10 motivés volontaires préparent leur sandwich pour une dangereuse aventure. L'objectif : passer la journée dehors à randonner dans les dunes d'un parc national de l'Indiana. Après une heure de train, l'expédition commence sous une chaleur étouffante (15°) ...


L'arrivée à la gare d'Indiana Dunes fut déjà une épopée...il a fallu réveiller les gueules de bois et autres fêtards du vendredi soir pour que tout le monde puisse monter dans le train de 8h30.... destination Indiana, 1 heure de trajet dans la pampa !

1ère embûche : mais où est l'office de tourisme ? car nous n'avons pas de plans pour nous répérer dans les dunes !


Un panneau nous indique la voie du parc naturel.... suivons les traces des Indiens sur le "chemin du calumet"...


La starlette du jour: Fiorella, en mode bronzage et lunettes de soleil ! Trop dure la vie !



Une partie du groupe d'explorateurs intrépides !


Nous pénétrons enfin dans le parc : à nous les dunes !


Mais l'entrée est bien gardée ! Heureusement, nous sommes en basse saison (aha, vu les températures, qui veut randonner à Chicago début décembre?), et personne ne contrôle rien du tout. Le parc est payant seulement pour les voitures !



Une belle (vieille) voiture américaine garée nonchalemment sur le parking bordant le lac !



Le lac, vu de l'Indiana...



Remarquez que le parc naturel est entouré d'usines nucléaires (cf le gros nuage de fumée blanche au fond). Mais à part cela, c'est un espace naturel, si si, on vous le jure ! Il n'y a qu'un peu de pollution dans les ruisseaux (qui ont une étrange couleur rougeâtre) et quelques fumées au loin ;)


Les Indiana Jones du samedi matin ! De gauche à droite : Basile, Fiorella, Daniel, Gabriele, Alex, Laura.



The GIRLS : "Chamita", Alex, Laura.


Gabriele qui apprend l'italien à Fiorella (tout est dans les mains !)


Basile contemple l'immensité du lac....



....et médite sur l'impact environnemental de ces usines au loin !



OMG !!! Mais bon sang mais c'est bien sûr ! Une Dune ! (plus précisément, la dune n°7) (oui, c'est comme les parfums, elles ont toute un petit numéro)
Ce sera notre première épreuve (la montée dans le sable n'est pas évidente, comme le montrent les prochaines photos) !

A l'aventurier courageux rien n'est impossible !




Obstacle suivant : les escaliers de la mort... ce qu'on vient de se tuer à monter, il faut le redescendre sans louper une marche ! Comme dit Gabriele : ah c'est ça la rando?? on monte, puis on descend ce qu'on vient de monter pour le remonter ensuite d'une manière différente ! Maaaa, qué !


Daniel est notre photographe mitrailleur officiel. Son cri , reconnaissable entre tous : "PEOPLE !!! Picture !".


C'est quand même beau ! Et cela fait un bien fou de sortir du campus et du centre-ville de Chicago pour une petite rando de rien du tout dans la nature !


Nous avons croisé des autochtones ! Un couple d'Américains en l'occurence, fous de rando, qui nous ont raconté en détail leurs exploits de marche, leur expédition au Pérou, et jusqu'aux moindres soucis de santé du monsieur dans son ascension du Machu Picchu (miam) ! Mais accueillants et très sympas, ils nous ont montré le chemin de la dune suivante (la n°9) !


Parvenue saine et sauve en bas des escaliers, j'attends les autres aventuriers pour la prochaine côte !





Le moment préféré de tous : la pause ! Alex s'offre une petite sieste, les fumeurs une petite cigarette, et le reste du groupe carbure aux amandes !


The BOYS : Basile et Adrien.




"Myyyyyy Preciouuuuuus (almonds)"


"Mais où sommes-nous?" "Que sommes-nous?" "Où allons-nous?"
Perplexité du groupe d'Indiana Jones devant le plan des dunes...


Basile le casse-cou....



Après les dunes, le marécage ! Une température agréable de 15 degrés au soleil, un chemin non sablé, et plein de libellules envahissantes font notre bonheur !


Votre mission si vous l'acceptez : extirper tout grain de sable rebelle de vos chaussures avant de repartir !




Oui, l'eau est moyennement propre...

Mais c'est joli quand même !


Un arbre génial ! Moi je l'adopte !


Cela devient périlleux ! Fiorella en passe de franchir le passage le plus dangereux de la journée, cernée de boue et de gadoue menaçante !


Et bah elle est belle la jeunesse !! Une ptite rando de 2-3 heures et tout le monde est à plat sur les quais de la gare ! Au final, tout le monde a été content de s'aérer et de prendre des couleurs dans l'Indiana, même si le groupe franco-suisse aurait bien aimé marcher un peu plus longtemps ! (même pas fatigués !)